S'il y a un truc que je ne supporte pas chez les gens, c'est les faux-culs. Or, il se trouve que mon frère (vous savez celui avec qui j'ai une complicité et une entente proche de 0 sur l'échelle d'amour fraternel, contrairement à l'autre qui est plutôt proche de 10 ...) est un pur faux-cul. Il l'a toujours été, c'est je pense parce qu'il n'a pas confiance en lui et a un immense besoin de plaire et d'être aimé, donc sa tactique à lui, c'est d'être faux-cul. Sauf qu'il lui faudra comprendre que c'est loin de marcher avec tout le monde ... et surtout pas avec moi. C'est peut-être un défaut que j'ai, mais j'arrive pas trop à faire semblant avec les gens. J'essaie d'être polie, courtoise, pas trop froide, mais impossible de me montrer expansive et hyper joviale avec les gens que je sens moyennement voire pas du tout. Bah, c'est comme ça. Je suis socialement limitée, faut croire. Et surtout, je n'ai plus besoin d'en faire des tonnes pour attirer l'attention et les compliments. J'ai compris au fil du temps qu'en restant naturelle, ça marchait mieux. Alors j'essaie de ne pas forcer trop ma nature. Si les affinités viennent, tant mieux !

J'avoue, c'est souvent long avec moi. Parce que je suis : timide, méfiante, et que je mets énormément de temps avant de me sentir à l'aise dans un nouvel endroit ou auprès de nouvelles personnes. J'étais pareille à l'école, sauf au lycée, parce que j'ai eu la chance d'être avec ma meilleure amie de l'époque en seconde, donc tout s'est fait naturellement, on s'est fait des amis à deux. Cela donne une certaine assurance, une contenance ! A la fac, ça a été beaucoup plus dur. Pendant deux ans, je ne parlais avec personne en cours, sauf quand j'étais obligée, au cours de travaux en groupe par exemple. La troisième année, je me suis liée d'amitié avec Valérie, une fille super sympa avec qui j'essaie de garder contact. On discutait pas mal ensemble ! Et en master (que j'ai abandonné en cours d'année), je n'étais pas seule non plus, j'avais attiré la sympathie de Lucile. J'étais pas super fan car elle était très discrète et renfermée, pas du tout mon genre. Je m'ennuyais un peu avec elle. Bon bref, assez parlé de moi, j'avais dans l'idée de parler de mon frère.

Faux-cul, donc. Il veut toujours bien faire, c'est plutôt cool comme qualité ! sauf que lui ça lui donne un côté hyper conventionnel, lisse, dans le sens du poil, vous voyez ? Et ça, vraiment, je ne supporte pas, mais alors pas du tout ! C'est sans doute pour ça que je fonds pour un mec comme Christophe. Il n'aime pas trop rentrer dans les normes, être formaté, tout ça. S'il a envie d'aller en short et en débardeur a-style au boulot, il le fait. Il a un piercing à l'arcade. Oh my god c'est pas mon frangin qui ferait ça ! Non, lui, trop soucieux de bien faire et de donner une "bonne image", il irait bosser là bas en costard cravate, bien engoncé, bien ringard, mais lui il aime, je suppose que ça le rassure, ce côté rétro vieille France. Christophe, sa bonne image il n'a pas besoin de la forcer. Il considère qu'on l'aime ou qu'on l'aime pas, un point c'est tout. Tant qu'il fait correctement son travail et qu'il ne déboule pas torse nu et perruque rouge, en effet je vois pas où elle le problème. Il n'a pas peur de ce qu'on pensera de lui. Mon frère je crois y est très attaché. C'est ce qui lui donne cet air pas naturel du tout, maladroit dans les relations humaines. Il ne va jamais boire en soirée, non plus. Il va courir ou faire du vélo tous les jours, il fait attention à ce qu'il mange, et pire : il se permet de sermonner les autres (en particulier moi et notre autre frère), parce qu'il estime être un exemple.

Pourquoi cet acharnement, me direz-vous ? Vous vous dîtes que mon frère, qui a 20 ans, est sûrement un être charmant, posé, agréable, et que simplement je suis jalouse ou quelque chose comme ça. Oh non, je ne crois pas que ce soit de la jalousie, sincèrement. C'est juste que sa personnalité, son attitude, m'irrite. Sa voix m'agace, son "humour" m'agace, sa façon d'être m'agace. Vous me direz que je ne suis pas très tolérante. Sans doute. Je suis sûrement dure, particulièrement avec ma famille. Mais avec moi, en fait ça passe ou ça casse, je crois. Je suis capable d'adorer quelqu'un, comme mon autre frère, qui a bientôt 17 ans. Avec lui, tout est différent. Il ne se prend pas la tête, il se fiche de ce que les autres vont penser de lui, il profite de la vie, il a toute une ribambelle de potes avec qui il fait des choses super, des trucs de son âge, comme par exemple en ce moment ils s'amusent à tourner un film. Je trouve ça génial ! Au mois d'août, il part aux États-Unis, et l'été dernier il était en Hongrie au festival rock du Sziget. Il se met des cuites comme un mec de son âge. Il sort le vendredi et le samedi soir, et là depuis le début des vacances, presque tous les jours ! Mon autre frère, lui, ne sort jamais, parce qu'il n'a personne avec qui sortir. Pas de bande d'amis. Il n'a jamais eu ça. Je crois que ça ne l'intéresse même pas. Du coup, il est hyper replié sur lui-même. Je n'arrive vraiment pas à éprouver de l'amour pour lui, je vous assure. Peut-être que ça vous parait méchant, mais c'est comme ça, je n'ai pas d'affinités avec lui, je me fiche de sa vie, alors que je veille comme une maman (en beaucoup moins chiante) sur celle de mon plus petit frère. Que j'aime d'amour, lui.